Public Thesis Defense of Bio Zimé SOUMON OROU
-
Thursday, 25 June 2026, 16h00Thursday, 25 June 2026, 19h00
La production rizicole en Afrique de l’Ouest, en particulier dans les écosystèmes de bas-fonds du sud du Bénin, est confrontée à d’importants défis liés à une gestion inefficace de l’eau et à la variabilité climatique.
Cette thèse a pour objectif de consolider les bases scientifiques nécessaires à la conception de stratégies innovantes de gestion de l’eau et des nutriments, fondées sur des principes agroécologiques afin d’améliorer la productivité et la durabilité de la riziculture.
Plusieurs approches de recherche ont été combinées, incluant une revue quantitative de la littérature, des expérimentations en station, en milieu paysan et la modélisation.
Une méta-analyse portant sur 573 observations issues de 56 études a montré que les pratiques agroécologiques notamment l’Irrigation Intermittente Modérée (IIM) et la saturation du sol (SS) combinées à une fertilisation organique ou mixte, améliorent significativement le rendement du riz (+5 à 15 %) et la productivité de l’eau (+20 à 46 %) par rapport à l’inondation continue.
Des expérimentations menées sur deux sites contrastés, Matékpo (saison humide) et Sèwahoué (saison sèche), selon un dispositif en parcelles subdivisées à trois répétitions dont les traitements comprenaient quatre régimes d’irrigation : inondation continue (IC), saturation du sol (SS), Irrigation Intermittente modérée (-15 kPa, IIM) et sévère (-30 kPa, IIS), ainsi que huit modalités de fertilisation : témoin (C), minéral recommandé (M), microdosage minéral (MM), compost (CO), paille de riz (PR), biochar + compost (BCO), paille de riz + compost (PRCO) et biomasse de mucuna (BM).
Les résultats issus des expérimentations conduites en station et en milieu paysan durant deux campagnes agricoles ont confirmé que l’IIM combinée à des amendements organiques (BCO, CO et PRCO) accroît le rendement en grain (jusqu’à +18 %) tout en réduisant les besoins en irrigation de 20 à 25 %.
Les évaluations socio-économiques ont révélé que ces pratiques améliorent la rentabilité des exploitants en réduisant les coûts de production et en renforçant leur résilience face aux risques climatiques.
De plus, les simulations numériques effectuées avec le modèle DSSAT CERES-Rice ont validé les résultats expérimentaux et projeté la durabilité à long terme de ces pratiques dans le contexte de la variabilité climatique historique (1986–2015), montrant que les systèmes II et SS peuvent maintenir des rendements supérieurs à 4 t ha⁻¹ tout en réduisant la demande en eau d’irrigation d’environ un tiers.
Dans l’ensemble, cette thèse fournit des preuves quantitatives solides que l’intégration de stratégies agroécologiques d’économie d’eau et de gestion des nutriments améliore la productivité rizicole, l’efficacité de l’utilisation des ressources et la viabilité économique des producteurs, tout en renforçant la résilience climatique des systèmes rizicoles de bas-fonds en Afrique de l’Ouest.
Ainsi, cette recherche souligne que l’intégration d’innovations agroécologiques dans les systèmes rizicoles de bas-fonds constitue une approche prometteuse pour atteindre une intensification durable, améliorer la sécurité alimentaire et accroître la résilience climatique de l’agriculture ouest-africaine.
Présidente : Dr. Christine A. I. OUINSAVI, Professeure Titulaire, Université de Parakou, Bénin
Co-directeur 1 : Dr. P. B. Irénikatché AKPONIKPE, Professeur Titulaire, Université de Parakou, Bénin
Co-directeur 2 : Dr. Marnik VANCLOOSTER, Professeur, Université catholique de Louvain, Belgique
Examinateur 1 : Dr. Luc O. SINTONDJI, Professeur Titulaire, Université d’Abomey-Calavi, Bénin
Examinateur 2 : Dr Lawani Adjadi MOUNIROU, Maître de Conférences, Institut International d’ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2iE), Burkina Faso
Examinateur 3 : Dr. Rodrigue Vivien Cao DIOGO, Professeur Titulaire, Université de Parakou, Bénin