Projets de recherche

CEFISES

La métaphysique des sciences [Pr. Alexandre Guay]

Il s'agit ici de développer une métaphysique des sciences, c’est-à-dire élaborer un cadre ontologique pour les sciences naturelles. En ce moment, les recherches du CEFISES se concentrent notamment sur les questions ou problèmes suivants :
a) La comparaison puis l'articulation de la métaphysique des sciences avec d’autres formes de métaphysique (descriptive ou révisionniste).
b) L'élaboration des approches ontologiques structuralistes (réalistes ou non).
c) L'étude du rapport entre structure physique et symétrie théorique.
d) Le fondement de la modalité des structures physiques.
e) Le développement d’une conception d’individu processuel qui s’appliquerait tout autant en physique qu’en biologie.
f) Le développement d’une conception transformationnelle de l’émergence forte.
g) L'élaboration d’un fondement ontologique aux lois de la nature de manière à expliquer l’existence des principes d’invariance, c’est-à-dire des méta-lois.
 

Les enjeux philosophiques des sciences de la vie [Pr. Bernard Feltz]

Les enjeux philosophiques des sciences de la vie sont de trois ordres :
- Le premier concerne la question du réductionnisme et l’autonomie relative des sciences biologiques par rapport aux sciences physico-chimiques sur le plan explicatif.
- Le deuxième, lié au précédent, vise la contribution possible des sciences de la vie à une conception générale de l’être humain. La question des rapports entre neurosciences et libre arbitre appelle ici une attention particulière.
- Le troisième porte sur les impacts des sciences écologiques sur une conception des rapports à la nature, et plus largement sur l’organisation de la vie en société.

Un projet particulier est actuellement mené à cet égard :

- GRICE (Groupe de Recherche Interdisciplinaire sur la Crise Ecologique) sous la coordination de Charlotte Luyckx et Nathalie Frogneux. Il s’agit d’analyser les dimensions philosophiques de la crise écologique afin d’envisager des modes d’action spécifiques intégrant ces dimensions philosophiques.

 

Les aspects dynamiques du raisonnement [Pr. Peter Verdée]

Le but de ce projet est d'analyser les dynamiques du raisonnement. C'est à dire, analyser le raisonnement qui dépend du contexte et chercher des réponses systématiques aux questions "quand et comment changer ses croyances ?" et "quand et comment tirer des conclusions provisoires ?". Les recherches dans le cadre de ce projet se concentrent sur les thèmes suivants:
- Le développement et l'analyse des logiques non classiques pour modéliser la dynamique du raisonnement (par exemple: "adaptive logics").
- Des aspects dynamiques dans la philosophie et les fondements des mathématiques (on se concentre sur les modèles non-standard, l’abstraction, l’évolution des théories mathématiques)
- L’analyse formelle du langage (comprendre des aspects dynamiques de notre langage à l’aide des méthodes mathématiques – la pragmatique, les expressions conditionnelles, les expressions d’implication, des expressions de causalité, etc.).
- Éthique de l’argumentation/du raisonnement dynamique (les liens entre le raisonnement créatif et le libre arbitre, la responsabilité et la rationalité, « quand est-il permis/obligé de changer d’avis ? »).

 

Régulation normative et régulation positive des technosciences (la gouvernance réflexive) [Pr. Tom Dedeurwaerdere]

Un premier champ de recherche vise à situer l’émergence du concept de gouvernance dans les années 1980, arrière-plan d’une adaptation au nouveau contexte de régulation des systèmes sociotechniques complexes. Sur le plan épistémologique, cette adaptation se traduit par une reconfiguration des théories de la gouvernance autour du paradigme de la rationalité limitée, en présence d’une incertitude radicale sur le devenir des systèmes complexes. Sur le plan social, elle se traduit par l’importance croissante de nouveaux modes de légitimation de type procédural ou réflexif pour traiter des problèmes éthiques globaux, dans des situations où il n’y a plus de reconnaissance a priori entre les acteurs, sur base d’un ensemble de valeurs culturelles partagées.

Un second champ propose d’analyser deux formes dominantes d’adaptation au nouveau contexte de régulation dans les théories contemporaines de la gouvernance. La première forme vise un accroissement de l’efficience socio-économique dans des expériences d’autorégulation. La seconde a davantage recours à une mobilisation des arrière-plans normatifs de la coopération sociale, à l’horizon d’une herméneutique du développement sociotechnique. Cependant, ces deux formes restent insuffisantes. En particulier, du point de vue épistémologique, les différentes améliorations des formes d’autorégulation ne suffisent pas, si elles ne permettent pas d’intégrer le point de vue de l’asymétrie de l’expérimentation communautaire et donc de réfléchir les conditions spécifiques portant sur l’apprentissage social de nouveaux usages de la réflexivité dans les cultures intermédiaires de normativité. C’est pourquoi ce second champ vise à étudier les insuffisances du recours à un certain usage de la réflexivité dans l’amélioration des modes de gestion autorégulés, et de façon prospective, une analyse des conditions d’incitation de cette réflexivité à l’intérieur de dispositifs permettant la transformation des stratégies et des croyances.