Le prof de gym d’hier utilisait un sifflet, aujourd’hui une tablette

L’UCL fête 75 ans d’enseignement de sciences de la motricité et de nombreuses évolutions en la matière : nouvelles technologies, recherches de pointe, notamment avec son laboratoire de l’effort, nouveaux cours... et étudiants plus nombreux que jamais ! Ce sont aujourd’hui 2 000 étudiants en kiné ou éducation physique qui sont inscrits à l’UCL, soit 530 % de plus qu’en 1977.

En réalité, la Faculté des sciences de la motricité de l’UCL(FSM) fête en 2018 un double anniversaire : les 75 ans de l’Institut d’éducation physique et de réadaptation, créé en 1943, à Leuven, avec une formation unique en éducation physique. Et puis, le 40e anniversaire de la Faculté actuelle de l’UCL, implantée en 1977 à Louvain-la-Neuve (intégrant dès lors la formation en kinésithérapie), tout en établissant un lien fort avec le site de l’UCL à Woluwe (à proximité des patients et des Cliniques Saint-Luc de l’UCL).

Un boom démographique en kiné

Le nombre d’étudiants inscrits en FSM a triplé entre 2000 et 2017, passant de 608 à 1953. 600 étudiants sont actuellement inscrits en première année de kiné. Comment expliquer cet intérêt ? « Un goût pour l’humain, explique Catherine Behets, doyenne de la Faculté. Ceux qui choisissent ces études ont un intérêt particulier pour les personnes et la relation d’aide. C’est la dimension sociale et humaine qui souvent les motive : un rapport de soutien, de motivation et de conseil aux personnes dans un souci de progression, de performance et de plaisir. » 

Une entrée réussie dans le monde numérique

Tablettes pour filmer et visionner les entraînements sportifs, capteurs de force, bio-feedbacks, robots simulateurs de prothèses bioélectriques, la FSM a réussi son tournant vers l’ère numérique. Les kinés ont désormais des cours de technologie et de réadaptation comprenant des notions d’électronique analogique et digitale. Un exemple ? Thierry Marique, professeur notamment en activités aquatiques, utilise des tablettes : ses étudiants se filment pendant leurs entrainements et leurs cours de pratique sportive (nage, etc.). En visionnant la séquence, ils peuvent analyser et corriger leurs mouvements. La vidéo permet un feedback immédiat et objectif de leur pratique sportive. Elle peut aussi les aider à améliorer leurs performances.

Les spécificités de la Faculté des sciences de la motricité de l’UCL :

  • C’est la seule faculté francophone proposant une filière en management du sport (en partenariat avec l’UGent et le COIB, comité olympique belge). Tous les managers sportifs francophones diplômés d’une université viennent de l’UCL – ex. : Oleg Casimirofski (Belgian paralympic comity)
  • L’UCL possède des chambres hypoxiques au sein de son laboratoire de l’effort : les équipes cyclistes belges y font par ex. leurs entraînements (personne de contact : Marc Francaux)
  • Un centre de kiné et de médecine du sport unique, alliant services aux étudiants (notamment sportifs de haut niveau) ainsi qu’au grand public et recherche multidisciplinaires
  • Des infrastructures de pointe à proximité directe de l’UCL : piste d’athlétisme indoor, dojo fédéral
  • Le Centre d'investigation clinique en nutrition de l’UCL, unique en Belgique, regroupant des expertises complémentaires : comportement, métabolisme, physiologie de l'exercice, analyses sensorielles (personne de contact : Louise Deldicque)
  • 40 programmes de formations continues, allant de la rééducation de la main au traitement des cicatrices, à la nutrition du sportif, en passant par l’exercise medicine, la thérapie manuelle musculo-squelettique et l’executive master en business coaching.

De multiples débouchés

Dans les années 1970, le cursus d’éducation physique menait presque uniquement au métier d’éducateur physique ou sportif. Depuis la réforme de Bologne (2005), d’autres spécialisations ont vu le jour à l’UCL, comme par ex. la formation en management des organisations sportives, unique en FWB. Les diplômés sont désormais engagés dans les fédérations sportives ou l’industrie du sport. Le titre et la fonction ont d’ailleurs changé : ils sont aussi « éducateurs à la santé » et jouent un rôle dans l’éducation et la prévention à la santé, histoire de répondre aux défis actuels de la société : vieillissement de la population, sédentarité, surpoids, etc.
Côté études de kiné, la formation de base inclut la participation de praticiens cliniques. Les débouchés sont plus vastes qu’il y a 40 ans : la formation prépare à la gestion de son propre cabinet, à l’ergonomie, à l’aide aux personnes en situation de handicap, à la psychomotricité, etc. Les spécificités UCL en matière d’enseignement vont du côté de la kinésithérapie musculo-squelettique et de la kinésithérapie neurologique adulte.

    Publié le 22 mai 2018