Reconfigurations de l'espace public médiatisé

ILC Louvain-La-Neuve, Mons

 

Analyse comparative de la réception des nouveaux formats de mise en scène du politique à la télévision : Belgique, France, Grande-Bretagne

Depuis plusieurs années, les représentants politiques multiplient les apparitions dans des émissions télévisées hybrides d’infotainment ou relevant uniquement du divertissement.
Ces formats, déjà bien installés dans le contexte anglo‐américain, se déploient depuis la fin des années 1990 dans les pays ouest‐européens (voyez entre autres Brants et Neijens, 1998 ; Neveu, 2003 ; Jones, 2005 ; Le Foulgoc, 2010 ; Stanyer, 2013 ; Wheeler, 2013). La question des effets de ces formats politiques recomposés sur le niveau de connaissance des citoyens des enjeux socio‐politiques, sur la confiance qu’ils possèdent vis‐à‐vis des institutions politiques et sur leur engagement civique et/ou politique fait en revanche débat dans le monde académique (voyez entre autres Baum, 2003 ; Prior, 2003 ; Jones, 2005 ; Van Zoonen, 2005 ; Street, Inthorn, Scott, 2013). L’objectif de notre recherche est de fournir un cadre empirique pour appréhender cette problématique. Ainsi, il s’agit de mettre en place une étude comparative de la réception des programmes qui allient information politique et divertissement auprès des jeunes téléspectateurs.

Méthodologie et axes de recherche

La recherche inscrit l’analyse de réception des émissions d’infotainment dans une démarche comparative. Cette dernière se fonde sur la construction d’un échantillon de récepteurs au sein de trois contextes nationaux: la Belgique francophone, la France et la Grande-­Bretagne.

La recherche se structure autour de deux volets principaux.

- Un premier volet quantitatif via la diffusion d’un questionnaire auprès de la cible de notre étude, les jeunes primo-votants.
Il s’agit de déterminer le profil des personnes qui consomment des émissions d’infotainment.
-­ Un second volet, qualitatif, vise les grilles de lecture des récepteurs.
Au-­delà du décodage, il sera question de mettre au jour les modalités d’appropriation des messages.
Ce second volet de l’enquête procédera par entretiens semi-directifs.

Membres

La recherche est réalisée sous la direction de :
Marc Lits , Professeur à l'Ecole de Communication.
Joëlle Desterbecq , chercheuse post-­doctorante.

Le projet est financé par le Fonds de la recherche scientifique – FNRS et ses fonds associés du 1er juillet 2013 au 30 juin 2015.

La recherche est réalisée dans le cadre du pôle Communication de l’Institut Langage et Communication (IL&C). Elle prend appui sur les travaux en analyse des médias réalisés par l’ORM.

Depuis une vingtaine d’années, l’Observatoire de recherche sur les médias et le journalisme (anciennement Observatoire du récit médiatique) s’intéresse aux discours médiatisés.

Parmi ceux-­ci on citera les événements politiques (des attentats du 11 septembre 2001 au “vrai-faux” journal télévisé de la RTBF du 13 décembre 2006 ou à la crise politique belge de l’été 2007), les acteurs politiques et leurs discours (la peopolisation politique; le storytelling; les discours populistes; le discours polémique). Ces recherches s’appuient sur un cadre méthodologique fondé à la fois sur l’approche socio-­économique du système médiatique, sur les modèles d’interprétation du récit médiatique et sur les analyses des usagers des médias dans une approche ethno-­sociologique.

L’analyse comparative de la réception des émissions d’infotainment s’inscrit dans cette dernière approche.