Au cœur des troubles anxieux

Publié le 16 août 2017

Intrigué par le comportement et la pensée humaine, Alexandre Heeren s’est plongé dès l’adolescence dans de nombreuses lectures sur la psychologie et les sciences cognitives. Pour développer au maximum sa connaissance sur l’esprit humain, c’est tout naturellement qu’il choisit d’entamer des études de psychologie à l’UCL à la fin de son cursus scolaire.

Très vite, il se passionne pour deux domaines en particulier : la psychologie expérimentale et la psychopathologie. Après un stage de recherche et un mémoire intégrant ces deux approches, Alexandre Heeren démarre une activité clinique, tout en poursuivant une formation à la psychothérapie et un master complémentaire conjoint en intervention psychologique, et ce en se lançant simultanément dans une thèse de doctorat sous la supervision du Pr Philippot (IPSY, UCL) ! Ses intérêts initiaux, sa formation, sa pratique clinique et sa thèse de doctorat ont constitué un terreau très favorable à l’éclosion de ses questionnements scientifiques actuels.

Ce qui guide ses recherches ? Comprendre la manière dont les processus cognitifs de base peuvent mener un individu à développer et à ressentir de l’anxiété. Au cours de son doctorat, le jeune chercheur examine plus particulièrement si des altérations au niveau des processus attentionnels peuvent causer le développement et la persistance de troubles anxieux (Lire l’article : Ce qu’il se passe dans la tête des anxieux). De 2012 à 2015, il poursuit ses recherches dans ce domaine en tant que Chargé de recherche FNRS. Il aura alors l’occasion de réaliser un séjour postdoctoral au sein du laboratoire de « Neurosciences Affectives et de Psychopathologie » de l’Université de Gand ainsi qu’au sein du laboratoire du Pr Richard McNally de l’Université d’Harvard à Cambridge (USA).

Depuis 2015, il a complètement réintégré le laboratoire du Pr Richard McNally à l’Université d’Harvard pour y réaliser un postdoctorat d’une durée de deux ans. Là, ses recherches portent, d’une part, sur la mise au point de procédures thérapeutiques innovantes afin de cibler les processus cognitifs pathogènes impliqués dans le développement et le maintien des troubles anxieux. Et d’autre part, sur l’utilisation de la théorie des graphes en vue de modéliser les interactions entre ces processus pathogènes. (Lire l’article : Vers une meilleure compréhension de l’anxiété). Dans cette approche, un graphe est constitué d’un ensemble de points (représentant, dans ce cas-ci, les processus pathogènes) reliés par des segments ou flèches (représentant, dans ce cas-ci, les associations entre ces processus) qui forment un réseau. Les différents réseaux sont étudiés suivant leur genre de topologies et propriétés.

En octobre 2017, Alexander Heeren poursuivra son parcours académique en tant que Chercheur Qualifié FNRS à l’UCL. En résumé, l’objectif de ses recherches est triple : examiner la dynamique des interactions entre les processus cognitifs susceptibles de mener à des troubles anxieux via l’étude des propriétés des réseaux formés à partir de ces interactions, explorer les structures et mécanismes cérébraux qui sont associés aux propriétés de ces réseaux, et prédire le développement d’un épisode psychopathologique sur base de l’étude des variations temporelles des propriétés du réseau formé par les interactions entre ces processus pathogènes.

Pour en savoir plus: www.alexandreheeren.com