Ré-agir (à) l’histoire et performer la recherche

10 mars 2023

9h30-18h

Louvain-la-Neuve

Place Cardinal Mercier

Organisation : Hélène Leblanc, Ralph Dekoninck, Silvia Mostaccio, Jean-Pascal Gay

Argumentaire :

Depuis leurs débuts dans les années 80 du 20e siècle, les démarches expérimentales ou reconstructives dans les disciplines historiques sont désormais implantées dans le paysage de la recherche académique. Cela ne s’est pas produit sans un certain renoncement :
auparavant considérée comme un défaut à corriger, l’impossibilité de faire revivre le passé est maintenant assumée. Ce qu’on cherche à faire en reconstituant, ce n’est pas réaliser la réplique parfaite d’un objet ou d’un savoir-faire irrémédiablement perdus, mais réfléchir à nos pratiques d’historien·nes. Mais il ne s’agit pas plus de se tromper sur le sens du passé que sur celui de l’expérience : l’expérimentation en histoire ne démontre rien ; plutôt, elle élargit le champ de l’observation, par essence toujours partielle dans ces disciplines, qu’il s’agisse de l’archéologie, de l’histoire de l’art, de la littérature, de la philosophie ou encore de la théologie. C’est à partir de cette pluralité disciplinaire des démarches de « ré-action » à l’histoire que cette journée se constitue. S’y joignent une pluralité d’objectifs et une pluralité de concepts. En matière d’objectifs, on structurera le champ d’étude en distinguant les entreprises pédagogiques —dans la lignée de programmes tels que « Reacting to the Past » d’où cette journée tire son intitulé— ; les projets de diffusion (incluant les projets muséaux) ou de vulgarisation créative de la recherche ; et enfin l’expérimentation comme partie intégrante de la méthodologie de la recherche. En matière de concepts, on soulignera les différences entre les termes multiples qui interviennent dans les tentatives d’action par rapport à l’histoire. De la reconstitution à la re-création, en passant par la reconstruction, la reproduction ou la réinvention, on s’attachera ici à interroger les hiérarchies implicites et à élaborer de meilleures définitions.
Enfin, il conviendra de réfléchir sur le cadre épistémologique souvent non interrogé de ces démarches qui s’unissent autour d’une remise en question des dualismes méthodologiques (celui qui par exemple oppose la théorie à la pratique) ou conceptuels (celui qui oppose le corps et l’esprit, et contre lequel se construisent des notions telles que celle de savoir corporel).

Programme :

10h : Hélène Leblanc et Ralph Dekoninck, « Introduction »
10h20 : Daniel Jaquet (Université de Genève), « Re-performer l’histoire ? Notes méthodologiques pour une histoire expérimentale »
11h30 : Hélène Leblanc, « Les scolastiques, de vieux réac(-ting the past) »
12h15 : Lunch
13h30: Silvia Mostaccio et Jean-Pascal Gay, « Ré-agir/ré-activer l’histoire. Retour d’expérience sur une utilisation pédagogique du jeu de rôle »
14h15 : Aline Smeesters, « Le latin sur les planches. Retour sur deux projets de mise en scène de textes latins, entre enseignement, recherche et diffusion »
15h : Pause
15h30 : Agnès Guiderdoni et Ralph Dekoninck, « Penser avec les objets ou éprouver la recherche »
16h15 : Atelier d’expérimentation animé par Daniel Jaquet, « Introduction à l’histoire expérimentale : expérimentation du premier jeu de la dague »

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