Autres publications

Les membres du CEP occupent ou ont occupé des responsabilités au sein des publications suivantes :

- Les Etudes phénoménologiques, revue fondée par J. Taminiaux (Bruxelles, Ousia, 1985-2008)

- La Collection Phaenomenologica, série de monographies fondée par H. L. Van Breda (Dordrecht, Springer, 1958-) 

- Le Bulletin heideggérien, pour la recension et la diffusion des recherches heideggeriennes (Louvain/Paris, 2010-)

Quelques publications récentes des membres du centre :

- S. Camilleri, Heidegger et les grandes lignes d'une phénoménologie herméneutique du christianisme primitif, Dordrecht, Springer, Phaenomenologica, 2017.

Cet ouvrage propose une étude de la pensée du jeune Heidegger au prisme de sa philosophie de la religion, reconstituée pour l’occasion dans ses rapports aux philosophies dominantes de son époque d’une part, et à l’histoire de la théologie et de l’exégèse d’autre part. Pour ce faire, il prend pour fil directeur le célèbre cours « Introduction à la phénoménologie de la religion » prononcé au semestre d’hiver 1920/1921 à l’Université de Freiburg, dont l’édition officielle est ici amendée en de multiples endroits. Une première partie s’attache à démontrer l’antériorité et l’excès de la vie sur toute théorie en interrogeant successivement la redéfinition de l’acte de penser en tant qu’expérience sui generis, l’explication ambivalente de Heidegger avec Ernst Troeltsch, interlocuteur jadis incontournable sur le terrain de la philosophe de la religion, la quête d’une notion d’historicité plus fondamentale et plus radicale que celle en usage au sein de la philosophie de l’histoire et de la science historique, et la problématisation d’un outil méthodique énigmatique, l’indication formelle, en discussion serrée avec la doctrine de Husserl. La seconde partie suit Heidegger pas à pas dans son explication phénoménologico-herméneutique de passages choisis des Epîtres de saint Paul, son interprétation de la grande Tradition chrétienne, et son dialogue crypté avec les représentants majeurs de la théologie néo-testamentaire et de l´histoire des dogmes et des religions dans l’Allemagne de la seconde moitié du xixe et du début du xxe siècle. L’ensemble se présente comme un commentaire critique tout à la fois historique et systématique du cours précité et veut servir de prolégomènes, non seulement à une approche originale du corpus heideggérien, mais encore à une philosophie de la religion régénérée dans la dialectique originaire entre le phénomène du vécu et le phénomène scripturaire.  

- J. Taminiaux, Chroniques d'anthropologie politique. Poièsis et praxis des Anciens aux Modernes, Paris, Hermann, Le Bel Aujourd'hui, 2014.

Les études ici réunies sont consacrées aux avatars historiques et aux implications anthropologiques de l’antique distinction entre poièsis et praxis. La conscience que le bios politikos (la vie politique) des Athéniens avait de lui-même était animée par la nécessité de distinguer entre praxis (agir, interagir) et poièsis (produire, fabriquer). Même lorsqu’elle dénigrait le bios politikos, comme ce fut le cas chez Platon, la poursuite du mode de vie contemplatif par les philosophes grecs était pleinement consciente de cette différence. C’est parce qu’il connaissait la fragilité de la praxis que Platon voulait faire prévaloir en politique la solidité de la poièsis et donc inverser la hiérarchie qu’avait établie la Cité démocratique athénienne entre ces deux types d’activité. C’est à cette inversion que résista son élève Aristote. À la différence de la philosophie politique grecque, la philosophie politique moderne, depuis Hobbes jusqu’à Hegel et Marx – exception faite de Kant –, en n’ayant d’yeux que pour l’activité de production, s’est rendue aveugle à cette distinction. À l’époque contemporaine, on doit à la lucidité de quelques rares penseurs, tels Hannah Arendt et Emmanuel Levinas, d’avoir mis en garde contre les conséquences néfastes de cet aveuglement.

- H. Jonas, Essais philosophiques, traductions réunies par O. Depré, Paris, Vrin, 2013.

De tous les livres de Hans Jonas, ce sont les Essais philosophiques qui ont le caractère le plus multidisciplinaire : ils portent sur l’éthique, la philosophie de la nature, de l’esprit, de l’histoire et la philosophie de la religion… Mais ce recueil n’est pas pour autant éclectique. Car au-delà de la diversité de ses objets, il constitue une remarquable illustration du chemin de pensée que s’est frayé le philosophe à travers des champs d’investigation multiples et apparemment hétérogènes. C’est ainsi qu’au fil de textes qui furent publiés entre Le Phénomène de la vie et Le principe responsabilité, on retrouve ici la dette du philosophe à l’égard de Heidegger, l’inspiration spinoziste de sa philosophie de la nature, les racines de son éthique de la responsabilité et un commun dénominateur de toutes ses recherches philosophiques : les concepts apparentés de liberté, de volonté et de valeur qui animent sa pensée comme autant de facteurs de résistance à la menace du réductionnisme.