Numérique : il ne suffit pas d’être 'digital native'

« Contrairement à ce que l’expression digital native pourrait laisser penser, il ne suffit pas d’être né à l’ère des ordinateurs et des tablettes pour développer un regard critique et atteindre une compréhension approfondie des enjeux du numérique dans nos société », explique le Pr Cédrick Fairon, doyen de la Faculté de philosophie, arts et lettres (FIAL). C’est la raison d’être de la Chaire Altissia en Cultures et éthique du numérique, qui vient d’être inaugurée.

L’objectif de cette chaire ? Fournir une analyse des transformations survenant dans les langues, les arts, les cultures et la pensée en lien avec le numérique et l’intelligence artificielle. Sa création repose sur une double constatation.

Dès les années 1980, le ‘numérique’ a dématérialisé l’information, ouvrant la porte à des innovations qui ont profondément affecté nos sociétés. Le numérique n’est pas un ‘verni de modernité’ qui vient se superposer à la réalité, ce n’est pas un simple outil auquel on accède occasionnellement. C’est au contraire un mouvement fondamental qui confronte le réel et le virtuel, qui influence les langues, les arts, la culture, les relations sociales, les systèmes de pensées et même notre perception de l’espace et du temps.

Des défis éthiques et démocratiques

Deuxième constatation : le numérique donne accès à des données de plus en plus massives, exploitables grâce aux outils de la statistique, de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Il donne aussi accès à de nouveaux outils de mesure, de représentation et d’interprétation. Si ces données et ces nouvelles méthodes de traitement sont une chance pour la recherche, elles posent également des défis sociétaux, tant éthiques que démocratiques.

Contrairement à ce que l’expression « natif digital » (digital native) pourrait laisser penser, il ne suffit pas d’être né à l’ère des ordinateurs et des tablettes pour développer un regard critique et atteindre une compréhension approfondie des enjeux du numérique dans nos sociétés. C’est la raison d’être de cette chaire dont le but est également de former de jeunes professionnels critiques ayant une compréhension approfondie de notre ère (post)digitale.   

Le Pr Chris Tanasescu, titualire de la Chaire, a enseigné à l’Université d’Ottawa. Il est diplômé en lettres et en informatique et par ailleurs artiste et poète réalisant des performances multimédias.

Wallangue, Brulingua

Cette chaire de trois ans est rendue possible grâce à un partenariat avec la société Altissia, spécialiste de l’enseignement à distance des langues (Wallangue, Brulingua, Erasmus+ OLS, etc.). Nicolas-Louis Boël, CEO d’Altissia, voit dans ce projet une continuité avec les engagements sociaux de son entreprise dont le métier n’est pas seulement d'enseigner les langues au travers de dispositifs numériques, mais également de permettre aux peuples et cultures de se rencontrer.

https://sites.uclouvain.be/chairealtissia/evenements

Publié le 25 novembre 2019