La danse, ça demande à être vu

 

Les témoignages d’Emmanuelle Vincent et de Geneviève Francart, chorégraphes et conseillères techniques en éducation physique et sportive à la Faculté des sciences de la motricité.

« Normalement, la session d’examens se termine par un spectacle qui se déroule en direct, et on se retrouve là pour un moment dansé d’environ une demi-heure et qui représente le travail effectué par les étudiant·es depuis le mois de février, » explique Geneviève.

« On organise tous ensemble une thématique, la préparation, mettre en ordre les idées, la chorégraphie, le montage du spectacle et tous les éléments qui composent la fabrication d’un spectacle. Une mise en place qui est normalement dans l’art vivant, donc en chair et en os. Et généralement on le prépare pour mi-mai devant les autres étudiant·es de l’université. À peu près devant 300 personnes. Cette année, comme tout le monde, grand changement et nouveau paradigme, donc nouvelles idées, nouveau challenge surtout », continue Emmanuelle.

« On a commencé tout à fait normalement, et puis quand le confinement est arrivé on s’est posé la question. C’est quand même l’aboutissement, la danse ça demande à être vu. On sentait que les étudiant·es étaient déçu·es et on a cherché ensemble une solution. On s’est dit qu’avec ce confinement finalement tout se fait en ligne. Donc on a eu l’idée, ensemble, de construire une vidéo et d’utiliser les moyens qui sont à notre disposition pour l’instant, » ajoute Geneviève.

« C’était assez drôle parce que cette année, la consigne était de travailler sur les limites, sur la cadre, sur le carré, sur le rectangle », dévoile Emmanuelle. « Qu’est-ce qu’on franchit ? Qu’est-ce qu’on ne peut pas dépasser ? Et puis le COVID-19 est arrivé et nous a mis une vraie barrière. Du coup on a évidemment gardé le thème mais on leur a dit « vous prenez votre téléphone, une caméra, vous faites un plan séquence d’une minute, et vous transposez votre solo, ce que vous avez envie d’exprimer à travers la danse et les limites dans votre chambre, dans votre jardin, dans votre salle de bain, et vous composez une chorégraphie d’une minute ».

La vidéo a pris la forme d’un cadavre exquis. Le premier danseur danse environ 10 secondes, termine par une position particulière et le danseur suivant prend cette même position et poursuit la chorégraphie. Et ainsi de suite. Le bilan de cette expérience ? « Je crois qu’il y a eu beaucoup d’émotions, c’est surtout ce qu’on a ressenti. Il y a eu aussi de la reconnaissance, de l’admiration, mais beaucoup d’émotions de la part des proches. Et de nous aussi, de voir ce travail réalisé : c’était très chouette, » témoigne Geneviève.