Akkermansia, la bactérie reine

LOUVAINS

L’UCL vient de créer sa 76e spin-off, A-Mansia. Son ambition ? Développer un complément alimentaire pour prévenir l’obésité.

C’est l’ histoire d’une bactérie, Akkermansia, découverte en 2004 par le Pr Willem de Vos de la Wageningen University. Et dont les effets bénéfi ques furent progressivement révélés, un peu par hasard depuis 2008, dans un laboratoire de l’UCL. Cette révélation, on la doit à Patrice Cani et son équipe. Ce chercheur WELBIO et FNRS au sein du Louvain Drug Research Institute de l’UCL a démontré qu’Akkermansia abaisse le gain de poids corporel et de graisses des souris obèses. Elle baisse aussi leur taux de cholestérol, leur glycémie et donc, le risque de diabète de type 2. Au final, la bactérie réduit les risques cardiovasculaires associés à tous ces paramètres. Quelques années plus tard, l’équipe fait une autre découverte surprenante : la pasteurisation augmente l’efficacité d’ Akkermansia.

Double perspective

En 2016, l’aventure continue, avec une nouvelle exploration : les chercheurs identifient une protéine présente à la surface d’Akkermansia, permettant de reproduire certains de ses effets métaboliques. Et Patrice Cani de préciser : « Elle ralentit l’apparition du diabète et renforce la barrière intestinale, par exemple. » L'avantage de cette découverte ? Permettre de travailler dans deux directions différentes : d’un côté, un développement en nutrition avec la bactérie pasteurisée, de l’autre, des recherches pharmaceutiques avec des composés actifs isolés de celle-ci. Des avancées scientifiques qui ouvrent des perspectives et des cibles différentes pour lutter contre les maladies associées à l’obésité et au diabète de type 2.

Après des milliers de manipulations, de nombreux articles scientifiques et une première exploration chez l’homme, l’histoire de cette bactérie se poursuit donc à merveille, puisqu’elle est à l’origine de la 76e spin-off de l’UCL, A-Mansia, avec une levée de fond de 13 millions d’euros. Pour Patrice Cani, la création d’une spin-off était le meilleur moyen et « une opportunité unique pour enfin rendre accessible à tous une découverte scientifique réalisée dans les laboratoires de l’UCL ».

Une histoire qui se termine ? Plutôt une page qui s’ouvre, vers une promesse de trouver LA solution qui permettrait de prévenir certains facteurs de risques liés à l’obésité dans le monde. I.D.

> uclouvain.be/akkermansia

Photo : De gauche à droite : Carole Monterrat (Chief Financial Officer), Jean-Christophe Malrieu (CEO), Patrice Cani (co-fondateur et Chief Scientific Officer), Hubert Plovier (R&D Project Manager), Céline Druart (Business & Scientific Development Manager).

Crédit photo : Alexis Haulot

    Article paru dans le Louvain[s] de juin-juillet-août 2018