Conférence | La diplomatie n’est pas un dîner de gala

CULTURE

09 décembre 2019

19h30

Gratuit

Louvain-la-Neuve

Auditoire Studio 13

Suite à un imprévu, la conférence prévue le lundi 9/12 doit malheureusement être annulée et reportée à une date ultérieure. Plus d'infos à venir bientôt.

 

Par Claude Martin (ancien ambassadeur de France en Chine)

Dans la vie d’ambassade, Claude Martin n’a jamais aimé l’entre soi. Dès son premier poste à Pékin, en 1965, il a acheté un vélo pour découvrir la ville. Un quart de siècle plus tard, la nuit du 4 au 5 juin 1989, il reprend son vélo pour rejoindre la place Tien An Men. Y a-t-il d’autres diplomates qui aient vécu d’aussi près ce moment fatal ?

Claude Martin est alors Monsieur Asie du Quai d’Orsay. Il pense que si la France a encore un rôle à jouer en Asie, c’est celui de médiatrice. Il tente donc de réunir autour d’une table les factions qui se déchirent le Cambodge. Phnom Penh est depuis dix ans aux mains des Vietnamiens et de leur allié Hun Sen qui ne sait pas à l’époque quelle exceptionnelle longévité lui est promise. Les Khmers rouges tiennent encore une partie frontalière du pays. Claude Martin est persuadé que la paix ne peut se faire que par le truchement du prince Sihanouk, homme-symbole du Cambodge. S’il se trouve à Pékin en juin 1989, c’est qu’il doit effectuer régulièrement l’aller-retour entre Paris et la Chine qui loge et protège Sihanouk.

Après le massacre de Tien An Men, la France se doit de réagir. Mais l’appui de Pékin lui est indispensable si elle veut réunir la conférence internationale qu’elle souhaite pour ramener la paix au Cambodge. Comment tenir les deux bouts ?

Le grand sociologue allemand Max Weber a défini l’éthique de conviction face à l’éthique de responsabilité. C’était il y a un siècle précisément. Dans sa vie, Claude Martin a connu plus d’une fois leur opposition. Il titre ses mémoires d’ambassadeur : « La diplomatie n’est pas un dîner de gala ».

 

Réservations