Laurent Gatto, Professeur en bio-informatique

Pourrais-tu brièvement décrire ton travail et ton domaine d'activité  ?

Je suis professeur de bio-informatique dans le secteur des sciences de la santé à l'UCLouvain (campus de Woluwé). J'y enseigne les sciences de données et la bioinformatique aux étudiants en sciences biomédicale et gère une équipe de recherche en bioinformatique. Notre but est de développer et d'implémenter des méthodologies statistiques et computationnelles pour mettre en lumière des processus biologiques dans des données de haute dimensions.

 

Dans ton expérience, en quoi l'informatique peut-elle aider dans le domaine de la santé au sens large ?

Les sciences de la santé deviennent une discipline quantitative, ou des données de plus en plus grande et de plus en plus complexes sont générées aussi bien en recherche fondamentale que dans le domaine clinique. Il y a 15 ans, par exemple, une thèse se focalisait sur l'étude d'un gène; de nos jours, ce sont les effets sur l'ensemble du génome qui sont mesurés et étudiés dans le cadre des recherches de thèse de doctorat. Aussi bien la gestion que l'analyse et la compréhension de celles-ci n'est possible que par le biais d'une maîtrise d'approches informatiques et quantitatives.

 

Quelles sont les connaissances en sciences de la santé qu'un informaticien devrait avoir pour travailler dans ce domaine ?

L'application de l'informatique aux sciences de la santé est aussi vaste que l'informatique ou les sciences de la santé. Les connaissances varient donc en fonction du domaine d'application spécifique, mais pourraient être classées (en première approximation) en une partie stockage et gestion de données (par exemple stockage de données omique ou de données patients), une partie d’ingénieurie de logiciel (research software engineering), et une partie orientée analyse de données avec des application en apprentissage automatique.

 

Comment vois-tu l'évolution des métiers à la frontière entre l'informatique et les sciences de la santé ?

L'évolution de cette frontière est qu'elle va petit à petit diminuer. Les meilleurs acteurs seront les (bio-)informaticiens ayant une bonne compréhension du domaine des sciences de la santé dans lequel ils évoluent et, réciproquement, des acteurs des sciences de la santé qui comprennent l'importance et la portée des outils informatique auxquels ils sont confrontés.

Pour en apprendre plus: https://www.deduveinstitute.be/computational-biology