NightShop#01: billet

Scène I. KaaiTheater. Le Sage, l’Ebranlé, Finesse.

Le souffle anxieux du public flotte dans l’air silencieux. Il écoute. La salle est pleine.
C’est d’abord le Sage qui entre en scène. Sur la scène, sa silhouette éclairée se détache de la pénombre. Le conflit est-il nécessairement mauvais ? N’est-il pas la source, un point de rencontre, le lieu où les uns et les autres font l’effort de se trouver dans leurs différences ?
Puis c’est le tour de l’Ébranlé, le dramaturge. Il prône l’état de fragilité dans l’écriture, et dans le jeu des acteurs. Il veut que cet état se propage comme un virus. Un frisson parcourt la salle. Son rôle d’artiste est d’être bouleversé, tout le temps. « La fragilité du quotidien sur lequel on est assis est une illusion. » Il entend éveiller son public, cette société occidentale en paix, qui vit en bordure des conflits, dépendante de cet univers parallèle, éloigné.
C’est Finesse qui le relance de temps en temps dans son discours. Elle lui pose ses questions tout en en douceur. Elles sont pour lui comme des clés qui lui ouvrent des portes qu’il n’avait jamais ouvertes.
Le débat se poursuit, les personnages se multiplient.

Finesse : « L’homme politique se trompe-t-il en croyant à sa capacité d’action ? » L’Ebranlé : « Ce sont les lois qui changent le monde. Et les lois, ce ne sont pas les artistes qui les créent. » Il interroge le Politicien sur sa relation intime au pouvoir. Comment garder la mesure, combattre la peur de perdre son influence ? Finesse en rajoute : « Votre utilité est-elle décroissante plus vous restez au pouvoir ? » Il ne sait d’abord que répondre, puis il se reprend.

Sandrine Puissant Baeyens

> Dans le rôle du Sage, Michel Dupuis, philosophe, professeur à l’UCL. Dans celui de l’Ebranlé, Wajdi Mouawad, artiste en résidence à l’UCL, auteur de la pièce « Incendies ». Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du journal Le Soir, dans la peau de Finesse. Le Politicien n’est autre qu’Yvan Mayeur, bourgmestre socialiste de la Ville de Bruxelles.