SSH 2020

CISMOC

Pensées, rationalités, cultures et sociétés d'islam :
hier, aujourd'hui, demain

Ce projet vise à promouvoir une intelligence de l'islam nourrie par le monde académique, en alimentant le partage de connaissances et d'expériences entre experts internationaux de différentes disciplines autour de la thématique " Pensées, rationalités, cultures et sociétés en islam".

Le projet s'articule concrètement autour de l'organisation et de la diffusion, 4 fois par an sur 2 ans, d'une série coordonnée d'activités de recherche, d'enseignement et de service à la société dans un contexte marqué par les interrogations suscitées par l'islam aux plans local, national, européen et international.

Chaque événement comporte deux volets, destinés chacun à un public particulier : (1) un séminaire spécialisé à destination des chercheurs et des étudiants dont la spécialité est l'étude de l'islam en tant que système religieux ou en tant que fait sociétal, ou encore de la civilisation arabo-musulmane; (2) une conférence à destination du grand public (en ce compris certains publics-cibles engagés dans l'associatif et dans les pouvoirs publics dans des domaines liés à l'islam, notamment l'action interculturelle, l'action islamo-chrétienne et l'accueil des migrants et des réfugiés).

Afin de maximiser l'apport de la contribution de chacun des invités, les séminaires spécialisés sont mis en ligne (au moins au niveau de l'intranet) et / ou retranscrits (avec publication en open access).

Le promoteur: Vincent Legrand (ESPO/ISPOLE)

Les co-promoteurs: Cecile Bonmariage (FIAL/ISP), Louis-Léon Christians (TECO/RSCS), Godefroid de Callatay (FIAL/INCAL), Johannes Den Heijer (FIAL/INCAL), Baudouin Dupret (DRT/JURIS), Brigitte Maréchal (ESPO/IACCHOS).

 

Dans le cadre du cycle de conférences « Pensées, rationalités, cultures et sociétés d’Islam : hier, aujourd’hui, demain » soutenu par le Secteur des Sciences humaines (SSH) au sein du projet stratégique « Louvain 2020 », ont eu lieu les conférences suivantes :

Professeur Carool Kersten du King’s College de Londres, il est historien, ses recherches portant sur l’histoire des idées dans l’islam de l’Asie du Sud-Est et spécialiste dans le domaine d’études de l’islam et du monde musulman. Avant d’entamer une carrière académique, Prof. Kersten a travaillé plus d’une dizaine d’années au Moyen-Orient. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Cosmopolitans and Heretics: New Muslim Intellectuals and the Study of Islam (Oxford University Press, 2011).

Une Grande conférence “Islam in Indonesia: Religion and Public Life in the World’s Largest Muslim Nation State” le mercredi 22 février 2017 (20h-22h) à la Fondation Universitaire – Bruxelles, Salle A (Rue d’Egmont 11 @ Bruxelles - Vidéo de la conférence

Résumé: Since its inception as a postcolonial nation state in 1945, Indonesia has been the largest majority Muslim country in the world. However, since independence, the ethnic and religious diversity of its population makes the place of religion in public life the subject of delicate negotiation. Throughout its seventy-year history as an independent country, the role of Islam has been a bone of contention between proponents of the quasi-official ideology of Pancasila (Five-Principles Doctrine) and advocates of explicit reference to Islamic identity in the constitution. Drawing on his two books on Indonesian Islam, Islam in Indonesia: the Contest for Society, Ideas and Values (2015) and A History of Islam in Indonesia: Unity in Diversity (2017) C. Kersten will explore in this lecture how the state has managed that process and how Indonesian Muslims navigate between accommodation and state control.

En français: L’islam en Indonésie: Religion et vie publique dans le plus grand Etat musulman du Monde Depuis sa création en tant qu'Etat-nation postcolonial en 1945, l'Indonésie est le plus grand pays à majorité musulmane au monde. Mais, depuis l'indépendance, la diversité ethnique et religieuse de sa population fait de la place de la religion dans la vie publique l’objet d’une négociation délicate. Pendant ses 70 années d'histoire en tant que pays indépendant, le rôle de l'islam a été un sujet de débat entre les partisans de l'idéologie quasi officielle de Pancasila (la « doctrine des cinq principes ») et les défenseurs de la référence explicite à l'identité islamique dans la Constitution. S'inspirant de ses deux ouvrages sur l'islam indonésien, Islam in Indonesia: the Contest for Society, Ideas and Values (2015) et A History of Islam in Indonesia: Unity in Diversity (2017), C. Kersten explore dans cette conférence la manière dont l'État indonésien a géré ce processus et comment les musulmans indonésiens naviguent entre accommodement de l’islam et contrôle de celui-ci par l’État. ​

Séminaire de recherche « Critical Islamic Thought » le mercredi 22 février 2017 (14h-16h), à la Fondation Universitaire – Bruxelles, Salle A (Rue d’Egmont 11 @ Bruxelles)

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Le Professeur Bernard Heyberger de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris, spécialiste de la Syrie et du Liban à l’époque ottomane, et notamment des relations islam/christianisme et des christianismes orientaux. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont « Les chrétiens du Proche-Orient au temps de la Réforme catholique » (1994).

Une Grande conférence « Chrétiens en Islam : discrimination et convivialité » le jeudi 16 mars (20h-22h) à l’Université Saint-Louis – Bruxelles (USL-B), Auditoire 1 @ Bruxelles) - Vidéo de la conférence ( partie 1 - partie 2 )

Résumé : L’actualité récente a attiré l’attention de l’opinion sur les « chrétiens d’Orient », et renoué avec la question de la place qui leur est assignée dans les sociétés majoritairement musulmanes. La conférence reviendra sur les discriminations qui leur ont été imposées, mais aussi sur la proximité de leur organisation sociale, de leur culture et de leur croyance avec leur environnement marqué par l'Islam. La construction des Etats-nations au XXe siècle, d'abord porteuse de promesses d’émancipation, s’est à bien des égards avérés désastreuse pour les minorités chrétiennes du Proche-Orient, comme les tragédies contemporaines viennent l'attester.

Séminaire de recherche « Chrétiens au Proche-Orient : de l'histoire ecclésiastique à l'histoire connectée » le vendredi 17 mars (9h30-11h30), à l’UCL, Lecl 61 (bâtiment Leclercq, Place Montesquieu 1 @ Louvain-la-Neuve)

Résumé : Le prof. Dr Bernard Heyberger partira de son propre parcours pour montrer comment les minorités chrétiennes sont sorties d'une approche d'histoire ecclésiastique pour devenir un thème de recherche légitime et à part entière des sciences sociales.

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Dominique Avon, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université du Maine (Le Mans, France), Dominique Avon a enseigné en Égypte (1992‒1994), au Liban (2004‒2005) et aux États-Unis (2014). Il est membre du laboratoire GSRL (UMR 8582). Ses recherches portent sur le fait religieux dans le monde, les intellectuels et l’histoire des idées. Il est co-directeur, avec le Professeur John Tolan, de l’Institut du pluralisme religieux et de l’athéisme (IPRA). Il coordonne la communauté académique HEMED (Histoire euro-méditerranéenne). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont « La fragilité des clercs: disputatio» (2007), « De la faute et du salut dans l'histoire des monothéismes » (2010).

Une grande conférence intitulée « Des croyants au défi des sciences modernes (XIXe-XXe siècles) », ouverte au grand public, le jeudi 19 octobre (20h-22h), à l’Université Saint-Louis – Bruxelles (USL-B), Auditoire 100 (Rue du Marais 109 @ Bruxelles) - Vidéo de la conférence

Résumé : La sécularisation moderne des savoirs apparaît comme un processus heurté et réversible. Elle peut être caractérisée par un triple affranchissement : l’objet central de la connaissance n’est plus Dieu ; les disciplines ne dépendent plus systématiquement les unes des autres ; l’énonciation des résultats ne relève plus d’une autorité religieuse.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les fidèles des religions chrétienne, juive et musulmane notamment furent confrontés à deux remises en question dans la relation qu’ils entretenaient avec les savoirs scientifiques. La première fut le succès de la publication de L’origine des espèces (1857) qui mit à mal le récit des origines contenu dans la Genèse et le Coran. Ce qui était en jeu dans la théorie de l’évolution, c’était la place de l’homme au sein de l’univers et la manière de le définir « à l’image de Dieu » ou comme « création de Dieu » ; c’était aussi la possibilité d’une lecture critique des textes sacrés, à l’opposé du littéralisme. La deuxième remise en question fut quasi-contemporaine, avec la publication de l’Introduction à l’histoire du bouddhisme (1844) qui marqua la naissance de sciences religieuses non dépendantes du postulat d’une révélation. Dans ce cadre nouveau, il n’était plus possible de revendiquer un régime d’exception pour l’étude d’une religion donnée.

La conférence aura pour objet d’examiner un certain nombre de réponses données à ces défis, par des croyants, depuis un siècle et demi.

Un séminaire de recherche sur « La crise de l’autorité dans le sunnisme contemporain », le vendredi 20 octobre (10h00-12h00), à l’UCL, salle du conseil Lecl 93 (bâtiment Leclercq, Place Montesquieu 1 @ Louvain-la-Neuve)

Résumé : En août 2016, deux cents savants musulmans du monde entier se sont réunis à Grozny, à l’invitation du président tchétchène, pour répondre à une question : « Qui sont les sunnites ? » La conférence inaugurale fut assurée par le Grand Imâm d’al-Azhar. Le résultat, une fatwa en russe et un document final en arabe, suscita l’ire d’une partie des hommes de religion sunnites, notamment dans les pétromonarchies. Avec des acteurs en partie différents et des objectifs moins directement centrés sur l’identité sunnite, les congrès d’Istanbul (2014), du Caire (2014), de La Mecque (2015), et les divisions qu’ils révélèrent, furent tout aussi symptomatiques d’une crise profonde. Le séminaire aura pour objet d’analyser ces rencontres, en les situant dans l’histoire du siècle écoulé, afin de mieux comprendre les ressorts qui sous-tendent la crise actuelle.

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Christina d’Ancona est Professeure à l’Université de Pise, spécialiste de la philosophie antique et médiévale. Ses recherches portent notamment sur le Néoplatonisme et les œuvres philosophiques Gréco-arabes. Le prof. Christina d’Ancona a été chercheuse à la KU Leuven (1990‒1991), chercheuse associé au CNRS (1994‒) et a enseigné à l’Université de Padoue (1994‒2004). Elle est l’auteure de nombreux travaux, dont « The Origins of Arabic Philosophy, in L. P. Gerson (ed.) The Cambridge History of Philosophy in Late Antiquity, Cambridge (2010), La Teologia neoplatonica di „Aristotele“ e gli inizi della filosofia arabo-musulmana, in: R. Goulet – U. Rudolph, Entre Orient et Occident. La philosophie et la science gréco-romaines dans le monde arabe, 57e Entretiens sur l‘Antiquité Classique, Fondation Hardt, Vandoeuvres (2011).

Une grande conférence intitulée « Pour quelles raisons s'intéresser aujourd'hui aux penseurs de l'Islam médiéval? », ouverte au grand public, le mercredi 7 février (20h-22h), à la Fondation Universitaire – Bruxelles, Salle A (Rue d’Egmont 11 @ Bruxelles) - Vidéo de la conférence ( partie 1 / partie 2 )

Résumé : L’histoire de la philosophie est une discipline ancienne et bien établie dans le système du savoir, tout en ayant par là même moins d’attrait pour les approches contemporaines, lesquelles accordent la primauté des Social Sciences par rapport aux Humanities. Et pourtant, malgré son air vieillot, l’histoire de la philosophie a parfois une valeur supplémentaire, qui s’ajoute à sa valeur épistémique intrinsèque: elle peut suggérer des analyses qui, servata distantia, sont utiles aussi dans le contexte culturel contemporain. Tel est le cas pour ce segment de l’histoire de la philosophie qui est représenté par la philosophie du monde musulman médiéval. A partir de deux passages, situés l’un au début et l’autre à la fin de la philosophie arabe médiévale, nous allons constater ensemble les transformations de l’aristotélisme qui en ont marqué l’histoire. De là, nous allons réfléchir ensemble sur un point spécifique, utile dans le contexte culturel contemporain: qu’est-ce qui a permis ces transformations, dans la perspective d’une continuité avec le savoir grec. Un “Aristote” vivant et toujours relu selon les catégories exégétiques ambiantes, qui dans le cas de la philosophie du monde musulman médiéval sont celles de l’Antiquité tardive, est bien différent de l’Aristote de Stagire dont l’histoire de la philosophie essaie de reconstuire les doctrines à l’aide des disciplines philologiques, historiques et proprement philosophiques indispensables à cette fin. En nous interrogeant sur ce qui a permis à cet “Aristote” vivant d’évoluer dans un milieu aussi distant du sien que celui des cours de la Bagdad abbaside et de la Cordoue almohade, nous allons probablement obtenir des réponses d’une certaine utilité dans le débat contemporain sur l’héritage grec dans les mondes chrétiens de langue latine et musulman de langue arabe.

Un séminaire de recherche sur « Néoplatonisme et aristotélisme dans la philosophie arabe médiévale: la nature de l'âme humaine », le jeudi 8 février (10h45-12h45), à l’UCL, local C. 309 de l'Institut Orientaliste (à l'intérieur de la Bibliothèque FIAL, dans le bâtiment du Collège Erasme @ Louvain-la-Neuve).

Résumé : L’essor de la philosophie dans le monde de langue arabe est marqué par un fait décisif: dans le sillage des écoles philosophiques de l’Antiquité tardive, les textes d’Aristote ont été accompagnés d’une exégèse néoplatonicienne. Cette tendance, typique surtout de l’école d’Alexandrie, devient chez les premiers savants intéressés à la philosophie dans le monde musulman une fusion explicite des deux traditions aristotélicienne et néoplatonicienne. Il n’y a aucun sujet sur lequel cette fusion s’avère plus profonde que l’âme humaine. Une lecture analytique de certains passages de deux textes traduits à la même époque – les Ennéades de Plotin et une paraphrase anonyme du De Anima d’Aristote – montre que cette fusion représente le point de départ d’une des doctrines les plus caractéristiques de la philosophie arabe médiévale parvenue à maturité: celle de la “jonction” entre l’intellect humain et l’Intellect comme substance séparée.

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Dans le cadre du cycle de conférences SSH2020-Islam « Pensées, rationalités, cultures et sociétés d’Islam : hier, aujourd’hui, demain » soutenu par le Secteur des Sciences humaines (SSH) et son projet stratégique « Louvain 2020 », nous avons le plaisir de recevoir :

le Professeur Mohammed-Sghir Janjar Directeur adjoint de la Fondation pour les Etudes Islamiques et les Sciences Humaines (Casablanca)

  • Grande conférence « Conceptions et usage du « tajdid » (innovation) dans la pensée religieuse islamique moderne », le jeudi 26 avril (20h à 22h), à l’UCL, Auditoire Montesquieu 3 (Place Montesquieu 32 @ Louvain-la-Neuve) - vidéo de la conférence
  • Séminaire de recherche « Les nouvelles configurations de l’islam quotidien au Maroc », le vendredi 27 avril (10h30-12h30), salle su conseil LECL 93 (Place Montesquieu 32 @ Louvain-la-Neuve)

 

Résumé de la conférence :L’objectif de la conférence est d’esquisser un panorama (les contextes, les courants, les auteurs, les œuvres…) des débats et controverses que connait la pensée religieuse en islam depuis plus d’un siècle, en analysant les conceptions et usages faits de la notion du « tajdid » (l’innovation de la pensée religieuse) en lien étroit avec deux autres notions clés : « ‘Islâh » (Réforme) et « hadâtha » (modernité).

 

Résumé du séminaire de recherche : Partant d’une série de données empiriques réunies grâce à de nombreuses enquêtes sociologiques menées au Maroc au cours des 15 dernières années (sur les valeurs en général, les valeurs et pratiques religieuses, le lien social, la culture des droits de l’homme…), le séminaire essayera de décrire les changements que connaissent la croyance, les représentations et pratiques des Marocains. L’accent sera mis notamment sur les modes de sécularisation en œuvre dans la société marocaine.