Histoire : L'UCLouvain en 5 crises

 

Avec l’épidémie de coronavirus, l’UCLouvain interrompt ses activités d’enseignement en présentiel. Cours en auditoire, travaux pratiques, séminaires, évaluations… Tout est suspendu jusqu’au 19 avril au profit d'activités à distance. L’UCLouvain a-t-elle déjà connu de telles fermetures ? Mise en lumière avec Françoise Hiraux, du Service des archives de l’UCLouvain.

Au cours de son histoire, l’Université catholique de Louvain aura connu cinq crises majeures entrainant des fermetures. « Chacune d’elles recouvre des situations historiques différentes, insiste Françoise Hiraux, avec des implications, notamment économiques, et des motivations différentes ».

  1. Fin du 16e siècle : siège de Louvain par Guillaume d’Orange. Dans un contexte de guerre et suite à de nombreuses catastrophes (inondations, pillages, destruction de plus de la moitié des collèges), l’Université de Louvain est obligée de fermer.
  2. 1797 : annexion des territoires belges par la République française. Celle-ci supprime purement et simplement l’Université, indépendamment de la volonté de celle-ci. Les bâtiments sont vendus, le matériel confisqué.
  3. Première Guerre mondiale : après un incendie ravageur ayant détruit les halles universitaires (la bibliothèque et ses ouvrages partent en fumée) et de nombreux autres bâtiments, l’Université catholique de Louvain ferme ses portes à l'instar des autres universités belges (à l'excepion de Gand qui rouvre en néerlandais plutôt qu'en français). 
  4. Seconde Guerre mondiale : malgré l’Occupation allemande, la vie universitaire se poursuit.  Ce n’est qu’en mai 1944, suite à de sévères bombardements, que l’Université catholique de Louvain fermera.
  5. Mars 2020 : coronavirus. Les activités d’enseignement sont suspendues en présentiel, suite à l’épidémie mondiale. Côté enseignement, cours à distance. Côté membres du personnel, télétravail. 

« Les fermetures de l’université auront été l’occasion de porter fièrement sa valeur de solidarité », indique Françoise Hiraux. Pendant la Première Guerre mondiale, elle soutient ses étudiants sur le front et met en place des programmes spéciaux pour ceux-ci (dont Georges Lemaitre, père du big bang, a profité).

Durant la Seconde Guerre mondiale, elle accueille les étudiant·es de l’ULB après fermeture de celle-ci par les autorités allemandes. De plus, le recteur de l’Université catholique de Louvain refuse de transmettre la liste de ses élèves de 1e année, leur évitant ainsi d’être envoyés en Allemagne pour le service de travail obligatoire. Il ira en prison pour ce geste. Avec l’épidémie de coronavirus, l’UCLouvain invite à nouveau à la solidarité : envoyer des messages de soutien, prendre des nouvelles de ses ami·es…  

Les fermetures sont aussi synonymes de réformes et améliorations : nouveaux programmes de cours, arrivée des premières étudiantes en 1920... Aujourd’hui, l’UCLouvain intensifie les cours à distance : une opportunité d’expérimenter de nouvelles méthodes d’apprentissage pour évoluer vers une forme de pédagogie plus active.

Françoise Hiraux

Françoise Hiraux

Archives historiques, iconographiques et audiovisuelles de l'UCLouvain